Saisir les sciences

Cette action de la Région Rhône-Alpes avait pour objectif initial de définir avec des lycéens, des adolescents, des spécialistes, une maquette de magazine scientifique adaptée au public des classes de seconde et à celui des classes de première et terminale scientifiques. L’AUEG a apporté sa contribution à l’Université Joseph Fourier -établissement support- et au SAIO du Rectorat de l’Académie de Grenoble dont l’action fut déterminante. Deux démarches parallèles ont été menées : un questionnaire fut adressé aux lycées (41 établissements et plus de 2 000 lycéens ont répondu). Par ailleurs, en utilisant les enquêtes antérieures, des articles ont été réalisés ou sélectionnés grâce à des collaborations variées (Science et Vie Junior, Crayon Bleu, ESRF, etc…). La critique des élèves a permis de réaliser des articles types.
Les résultats de trois années d’enquête et d’échanges sont synthétisées dans un rapport enrichi de trois annexes (papier et CD) avec des dizaines d’histogrammes. Les personnes intéressées par le rapport complet peuvent se faire connaître auprès de l’AUEG.

Voici un résumé des résultats concernant le magazine et les enquêtes :

Quel magazine ?
Un rapport d’une quarantaine de pages propose une stratégie de réalisations du magazine et une maquette du magazine scientifique qui semble la plus adaptée au public des lycéens et lycéennes pour les intéresser aux Sciences. Le magazine, avec une périodicité semestrielle, devrait comprendre dans 40 pages, 6 articles de 3 à 6 pages, 1 article assez professionnel, etc…. Chaque rubrique proposée fait l’objet de commentaires des groupes de lycéens eux-mêmes. Des exemples d’articles sont proposés, soulignant ce qu’il faut éviter de faire ou au contraire ce qui est apprécié. Des agendas, quiz, jeux, … sont également définis

L’analyse des enquêtes
Permet de prendre mieux conscience de la grave situation des jeunes filles par rapport aux sciences, de leur rejet d’information et de leur tendance à se sous-estimer en niveau de métier.
Les lycéennes et lycéens pouvaient choisir les thèmes qui les intéressaient (pour des articles futurs) parmi 58 propositions. Plus de 50% des répondants ont choisi par ordre d’intérêt décroissant les drogues, la télépathie, le clonage, puis à plus de 40%, les empreintes digitales, les virus, les origines de la vie, le big-bang, les maladies sexuellement transmissibles, etc. Les thêmes les plus cités illustrent les intérêts et les préoccupations des adolescents (voir histogramme) :

  • des questions qu’ils se posent personnellement (les drogues, les MST) ;
  • des thèmes d’actualité avec l’influence préoccupante de la télévision et des séries policières ;
  • des questions existentielles et de l’attirance pour le mystérieux et le « surnaturel ».

Les filles et les garçons n’ont pas les mêmes centres d’intérêt et les différences varient suivant que l’on est en seconde indifférenciée ou en terminale scientifique. Les garçons de terminale scientifique s’intéressent à un plus grand nombre de thèmes que les garçons de seconde indifférenciée, ce qui paraît normal : leur curiosité s’accroît avec le temps et les études. Ainsi « Les confins de l’univers, les énergies renouvelables, les ondes sonores, la cryptographie, les réactions et déchets nucléaires, la technologie informatique, les hologrammes » font partie des 61% des thêmes dont les scores s’améliorent entre la seconde et la terminale chez les garçons. voir histogramme 3.5. Mais la situation est inversée chez les jeunes filles. Certes, elles manifestent un intérèt plus grand pour quelques thèmes : le corps humain, les virus, l’effet de serre, les énergies renouvelables, biologie et informatique… mais leur intérèt ne croît que pour 35% des thèmes. Pour 65% des thèmes scientifiques proposés, les filles de terminale scientifique sont moins intéressées que celles de seconde indifférenciée. voir histogramme 3.6.
Les réponses en questions ouvertes concernant les métiers (5 000 réponses pour 1 500 lycéens) confirment ces résultats. Ils sont assez cohérents chez les garçons : un métier qui nécessite une formation scientifique obtient un meilleur score en terminale scientifique qu’en seconde. En outre, la palette des métiers cités est large et correspond à des secteurs qui contiennent de bonnes potentialités d’emploi. Les garçons restent ouverts au statut (public, privé) formulant même pour certains qu’ils désirent créer une entreprise. Les réponses des filles sont totalement différentes : leur choix qui était relativement large en classe de seconde, se limite de façon drastique dès la première scientifique. On assiste à deux tendances :

  • une chute d’ambition en termes de métiers qui exclut pour beaucoup d’entre elles un niveau de cadre,
  • un effet « infirmière – kinésithérapeute – puéricultrice » qui touche plus d’une fille sur trois en première scientifique. La médecine elle-même est moins choisie par les filles de terminale scientifique que par celles de seconde indifférenciée !

On pourrait se rassurer en affirmant que les candidatures pour les métiers de la santé sont nombreuses. Mais, on ne peut rester insensible au fait que les ambitions des filles soient si limitées et que leur curiosité sur les orientations qui leur sont possibles semble diminuer dès la classe de première.
Ces résultats complètent des études antérieures et incitent à conduire des actions déterminées à destination des lycéennes.