Organisation du travail

Repenser le travail dans sa globalité pour résoudre les questions de transports, de mobilité et leurs conséquences en matière de santé, d’environnement et d’économie, c’est répondre à des enjeux de responsabilité sociétale de l’entreprise ou de l’organisation.

Dès les années 1970, Alvin Toffler envisageait dans Le Choc du Futur (éditions Denoël) un nouveau système de création de richesses et de savoir bouleversant l’organisation et les civilisations à travers l’hyper puissance informatique. Le travail à distance, « le télétravail » en était l’une des expressions les plus probables. 40 ans plus tard, de nombreux freins, notamment culturels, persistent en France. Gain de temps, économie d’espace et de transport, meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, telles sont pourtant les perspectives séduisantes que le télétravail offrent aux entreprises qui sauront franchir le pas. Des solutions, pour rendre l’organisation du travail plus flexible dans de bonnes conditions, existent pourtant.

Un cadre légal du télétravail salarié 

La loi Warsmann du 22 mars 2012 autorise l’élaboration et la mise en place de projets de travail à distance, basés sur le double volontariat (entreprise et salariés).

Diagnostic sur la situation actuelle 

Nicole Turbé-Suetens, spécialiste du télétravail depuis plus de vingt ans, l’affirme : il n’y a plus de retard français sur le télétravail. Presque 20 % des salariés sont désormais concernés, un taux équivalent à la plupart de nos voisins européens. Pour autant, il reste beaucoup à faire dans les entreprises et les services publics. Depuis 1995, le mouvement n’a cessé de prendre de l’ampleur. Il se signe, aujourd’hui, près d’un accord d’entreprise par semaine. Un plateau de maturité est atteint. D’autant que des métiers de plus en plus nombreux sont concernés, avec une grande variété de tâches et de rythmes.

Le management a progressé aussi. La crainte de voir l’ensemble des salariés demander le télétravail, et pour des durées longues, n’était pas fondée. En réalité, on constate une sorte d’autorégulation, qui amène justement à ce point d’équilibre d’environ 15 à 20% des effectifs qui souhaitent effectivement un télétravail partiel. (…)
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Un sujet « positif » dans l’entreprise

A partir du moment où le management s’engage dans un vrai dialogue social, ce n’est pas un projet très compliqué à mener. Mais il comporte beaucoup de facettes, ce qui implique notamment de faire travailler ensemble les Ressources Humaines, la direction des systèmes d’information ou encore celle de l’immobilier, bref des personnes qui ne se retrouvent pas spontanément autour d’une table. Le regard extérieur d’un tiers s’avère bien souvent utile, pour mettre de l’huile, si possible de haute qualité, dans les rouages du dialogue.

Tiers-Lieux  et Coworking

A la différence des télé-centres, le coworking ne se définit pas uniquement comme un lieu physique, mais avant tout comme un mode d’organisation du travail qui regroupe à la fois un espace de travail partagé et un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. Il privilégie ainsi les espaces ouverts et l’animation, afin de multiplier la création d’opportunités pour ses usagers.

espace-coworking

Un état d’esprit :

  • Coopération : l’aménagement spatial ouvert et l’ambiance du lieu doivent favoriser le partage de connaissance et de compétences.
  • Ouverture : le mouvement du coworking est influencé dans ses origines par la culture des acteurs du logiciel libre (open source). Ceci se traduit par une attitude ouverte, prêts à donner et à recevoir aux autres membres.
  • Communauté : les usagers des espaces et les liens tissés entre eux en constituent la première richesse et l’essence. C’est la capacité d’un espace de coworking à identifier les « communautés existantes » et à créer un sentiment d’appartenance parmi ses usagers qui font le succès d’un espace de coworking et le caractérisent comme tel (versus un télé-centre ou un centre d’affaires traditionnel).
  • Accessibilité : Les espaces pourraient être ouverts à toute personne souhaitant adopter cette manière de travailler.
  • Durabilité : Si elle peut s’entendre au sens de « préservation de l’environnement » (la mutualisation et le choix du lieu permettent de réduire les consommations d’énergie et les émissions de CO2), elle semble plus communément envisagée dans le sens de « pérennité » (économique notamment).

Pour en savoir + : Table-ronde Tiers-Lieux d’Activités : Un outil de déploiement de la RSE ? organisée par l’AUEG le 11 octobre 2012